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Closto je ne partage pas du tout ton avis, c'est le tiens il est respectable, mais je le partage pas du tout, j'ai même un vision complétement différente de la tienne.
J'ai des amours de type fusionnel passionnés, pour moi c'est tout ou alors rien, je veux tout les extrèmes ou alors c'est rien, je suis elle , elle est moi, je pense ce qu'elle pense elle pense ce que je pense, elle a mal , j'ai mal, elle est bien, je suis bien, même si une grande distance nous sépare. On se comprends sans se parler. La fusion et la passion alors là, je te dis pas faut me suivre, faut avoir une santé d'acier, ou plutot faut être comme moi de feu, la foudre qui s'abat en permanence, la foudre qui tombe dans la montagne comme par chez moi, ou les hommes ont peur. Sans compter qu'elle doit assumer son statut de Déesse. Bien figure toi que tout est merveilleux, et que tout marche super bien, que chaque jours celà s'amplifie , puis je suis pas jaloux, mais alors pas du tout, je me demande ce qu'est ce curieux sentiments dont sont dépendants mes coreligionnaires, je comprends pas du tout, c'est absurde pour moi.
Et pourtant même avec cette fusion passion elle est elle et je suis moi, je la respecte en tout je la reconnais, et ne lui demande rien, que de recevoir ce que je lui offre moi, et de recevoir ce qu'elle est elle. J'essaye de lui dévellopper toute sa nature, tout ce qu'elle ignore d'elle, je lui demande de vivre.
PS
Un amour qui pousse au mensonge pour moi n'est pas du tout un amour, si tu aime tu le dis tu ments pas. Puis l'amour qui se veux prison n'est pas du tout un amour un amour se veux libre par exelence, c'est la plus belle fleur de la liberté, on ne force personne à aimer, on le laisse aimer, car on est aimable. L'amour est avant tout don, ce n'est pas ravir, ni voler, ni forcer, ou violer, et mentir. L'amour est beauté, vérité, liberté
[Modifié le 6/8/2004 11:55:50 PM]
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Le partage entièrement le point de vue de Closto et de Pierre1954.
L'amour passion est égoïsme et ramène à soi. L'amour amitié est générosité.
Je ne peux que vous conseiller de lire ce texte du philosophe Comte-Sponville. J’adhère complètement à cette vision
De l'amour et de l'amitié
Si la frontière entre l'amour et l'amitié est floue, impossible de les confondre. L'amitié fait religion du don ; l'amour, de la possession. Il n'y a pas de frustration, de manque, dans une vraie amitié, il n'y a que ça dans une passion. La meilleure preuve : les amis de nos amis peuvent devenir nos amis. Tandis que les amants de nos amants...
Entre l'amour et l'amitié, la frontière est floue, fluctuante, incertaine. Elle est pourtant attestée par le vocabulaire, comme aussi (quoique moins clairement) par l'expérience de chacun. Votre meilleur ami vous annonce qu'il vient d'obtenir une bourse, qu'il part pour six mois en Californie : vous êtes content pour lui, vous lui souhaitez bon voyage, sans angoisse, sans amertume, sûr de le retrouver à son retour, certain que votre amitié, qui en a vu d'autres, ne souffrira pas de cet éloignement provisoire.
L'homme ou la femme dont vous êtes amoureux vous annonce la même chose, vous voilà aussitôt plongé dans les souffrances de la séparation, de l'abandon, de la jalousie peut-être. Six mois, c'est long quand on est amoureux, et quel couple peut être sûr d'y survivre ?
Votre ami revient. Il vous raconte ses souvenirs, ses rencontres, les amitiés nouvelles qu'il a nouées là-bas, il vous parle avec chaleur : vous êtes content pour lui ; à nouveau, vous souhaitez rencontrer un jour ces nouveaux amis, qu'ils deviennent, qui sait, les vôtres... L'amitié aime partager, c'est ainsi qu'elle croît et se multiplie. Les amis de nos amis sont nos amis ; en tout cas, ils peuvent le devenir, et c'est le plus beau cadeau peut-être de l'amitié : cette liberté, cette générosité, cette ouverture aux autres, au monde, au hasard des rencontres et des découvertes.
Mais si c'est l'homme ou la femme que vous aimez d'amour, rien de tel. Elles vous dit qu'elle a rencontré un homme là-bas, qu'elle l'aime, et vous voudriez mourir ou la tuer. Il vous raconte ses amours là-bas, le bonheur qu'il a vécu, qu'il veut vivre encore, et vous voilà dévorée de jalousie ou brisée de chagrin... Les amants de nos amants sont nos ennemis. L'amour n'aime pas partager : l'amour veut posséder, garder pour soi seul, retenir. "Ne me quitte pas, ne me quitte pas..."
Il y a donc deux façons d'aimer. En français, le verbe pourtant est le même : on aime ses amis, on aime celui ou celle dont on est amoureux. C'est que ces deux amours, aussi différents qu'ils soient, peuvent aussi se rapprocher, se croiser, au point parfois de se confondre. Il arrive qu'on se découvre un jour amoureux de tel ou tel (de telle ou telle) de ses ami(e)s. Il arrive aussi et c'est sans doute plus fréquent, qu'on devienne l'ami de celui ou celle dont on fut amoureux. Il arrive même, et ce n'est pas le moins agréable, qu'on se tienne dans l'entre-deux, qu'on s'y plaise, qu'on l'entretienne, comme une hésitation heureuse du coeur ou de l'âme, comme un charme supplémentaire, une équivoque délicieuse...
Je n'ai rien dit encore du désir. C'est qu'il ne me semble pas, entre l'amour et l'amitié, faire une différence décisive. Certes, la sexualité se mêle à la passion plus souvent qu'à l'amitié. On peut pourtant, l'expérience le prouve, être amoureux fou d'une femme ou d'un homme qu'on ne désire pas, ou peu, et il arrive (surtout chez les hommes ?) qu'on désire violemment quelqu'un dont on est nullement amoureux. Quant à désirer ses ami(e)s, pas besoin d'être psychanalyste pour savoir que c'est possible. Est-ce ma faute à moi si telle de mes amies est belle, sensuelle, désirable ? Comment l'amitié que j'ai pour elle m'empêcherait-elle de la désirer, et pourquoi ?
Entre l'amour et l'amitié, ce n'est donc pas la sexualité qui fait la différence. C'est plutôt la nature même des sentiments en jeu. Aimer d'amour, aimer passionnément, c'est souffrir d'un manque, d'un besoin dévorant de l'autre, de sa présence, de son amour. Formidable formule d'Eluard : "Tu me manques tellement que je ne sais plus lequel de nous deux est absent." C'est ce que les Grecs appelais Eros, et que chacun appelle la passion. Comment serait-elle heureuse, puisqu'elle n'aime que ce qui lui manque ? Et comment, inversement, pourrait-on rester amoureux de celle ou celui qui ne manque pas, qui est là, tous les soirs, tous les matins ? "Imaginez Mme Tristan", disait Denis de Rougemont, et c'est tout dire en effet. Aimer, c'est manquer, et c'est pourquoi il n'y a pas de passion heureuse.
Nos amis ne nous manquent pas : ils sont pour nous cause de joie et non de souffrance. C'est une autre façon d'aimer, que les Grecs appelaient Philia, et dont Spinoza, beaucoup plus tard, donnera sans doute la meilleure définition : "L'amour est une joie qu'accompagne l'idée d'une cause extérieure." Aimer, c'est se réjouir, et c'est pourquoi il n'y a pas d'amitié malheureuse. Entre les deux, entre l'amour-manque et l'amour-joie, entre la passion et l'amitié, faut-il choisir ? Sans doute pas.
Mais plutôt comprendre ceci : que l'amour ne peut être heureux, s'épanouir, durer, que pour autant que le manque se transmue en joie, la passion en amitié, et c'est à quoi servent les couples peut-être, quand ils sont heureux.
André COMTE-SPONVILLE
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