J'aimerais bien savoir quel est votre poème favori. Mais surtout, pourquoi est-il l'élu de votre coeur! Allez-y! Et je plonge.
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Mon poème favori, c'est Le dormeur du val de Arthur Rimbaud. C'est un sonnet, une forme fixe de poème français composé de quatre strophes, deux quatrains et deux tercets, et entièrement écrit avec des alexandrins (vers de douze pieds).
Il y a plusieurs raisons qui expliquent ce choix. Il y a d'abord ce souvenir de l'époque (pas si lointaine) de mes années secondairiennes où j'ai découvert ce poème magnifique, mais surtout cet instant où j'ai «clické», où j'ai compris ce dont il était question. Ce fut pour moi tellement révélateur que je suis devenu, depuis ce jour, totalement accro à la poésie française.
Mais aujourd'hui, c'est surtout le contraste entre cette nature magnifique, tellement belle, tellement vivante et l'horreur sous-entendu de la guerre, la bêtise humaine présenté avec une subtilité... Si on porte attention à la sonorité des mots, on se sent sur place, au milieu de ce lieu lumineux, rayonnant, resplendissant. C'est beau, mais avec à peine quelques mots, une toute petite phrase lachée comme ça en fin de poème et on peut ressentir toute les horreurs de la guerre, toute la bêtise humaine. Ce poème raconte une histoire d'horreur encore mieux que n'importe quel film d'horreur moderne. J'adore ça.
Je vous offre donc, ce matin, Le dormeur du val.
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Le dormeur du val
C'est un trou de verdure où chante une rivière, Accrochant follement aux herbes des haillons D'argent ; où le soleil, de la montagne fière, Luit : c'est un petit val qui mousse de rayons.
Un soldat jeune, bouche ouverte, tête nue, Et la nuque baignant dans le frais cresson bleu, Dort ; il est étendu dans l'herbe, sous la nue, Pâle dans son lit vert où la lumière pleut.
Les pieds dans les glaïeuls, il dort. Souriant comme Sourirait un enfant malade, il fait un somme : Nature, berce-le chaudement : il a froid.
Les parfums ne font pas frissonner sa narine ; Il dort dans le soleil, la main sur sa poitrine, Tranquille. Il a deux trous rouges au côté droit.
Gaston Miron, né en 1928, à Sainte-Agathe-des-Monts, dans les Laurentides. Ardent défenseur de la langue et de la culture québécoises, c'est notre poète national, notre légende vivante, notre monument!
Voici un court extrait de l oeuvre de Miron...choisir un poeme en particulier serait des plus difficiles. Mais avec quelques recherches sur Google vous pourrez en découvrir la majeur partie.
Tu fus quelques nuits d'amour en mes bras et beaucoup de vertige, beaucoup d'insurrection même après tant d'années de mer entre nous à chaque aube il est dur de ne plus t'aimer
parfois dans la foule surgit l'éclair d'un visage blanc comme fut naguère le tien dans ma tourmente autour de moi l'air est plein de trous bourdonnant peut-être qu'ailleurs passent sur ta chair désolée pareillement des éboulis de bruits vides et fleurissent les mêmes brûlures éblouissantes
si j'ai ma part d'incohérence, il n'empêche que par moments ton absence fait rage qu'à travers cette absence je me désoleille par mauvaise affliction et sale vue malade j'ai un corps en mottes de braise où griffe un mal fluide de glace vive en ma substance
ces temps difficiles malmènent nos consciences et le monde file un mauvais coton, et moi tel le bec du pivert sur l'écorce des arbres de déraison en désespoir mon coeur s'acharne et comme, mitraillette, il martèle ta lumière n'a pas fini de m'atteindre ce jour-là, ma nouvellement oubliée je reprendrai haut bord et destin de poursuivre en une femme aimée pour elle à cause de toi
Gaston Miron
L'octobre
L'homme de ce temps porte le visage de la Flagellation et toi, Terre de Québec, Mère Courage dans ta Longue Marche, tu es grosse de nos rêves charbonneux douloureux de l'innombrable épuisement des corps et des âmes
je suis né ton fils par en haut là-bas dans les vieilles montagnes râpées du Nord j'ai mal et peine ô morsure de naissance cependant qu'en mes bras ma jeunesse rougeoie
voici mes genoux que les hommes nous pardonnent nous avons laissé humilier l'intelligence des pères nous avons laissé la lumière du verbe s'avilir jusqu'à la honte et au mépris de soi dans nos frères nous n'avons pas su lier nos racines de souffrance à la douleur universelle dans chaque homme ravalé
je vais rejoindre les brûlants compagnons dont la lutte partage et rompt le pain du sort commun dans les sables mouvants des détresses grégaires
nous te ferons, Terre de Québec lit des résurrections et des milles fulgurances de nos métamorphoses de nos levains où lève le futur de nos volontés sans concessions
les hommes entendront battre ton pouls dans l'histoire c'est nous ondulant dans l'automne d'octobre c'est le bruit roux de chevreuils dans la lumière l'avenir dégagé l'avenir engagé
Arrivé a un certain age, il y a une foultitude de poêmes et de poêtes qui se disputent les place les plus romantiques de la mémoire. Et prétendre en faire un choix relève de l'héroïsme. Cependant il y en a parfois un ou deux qu'on garde dans notre jardin secret, parcequ'ils ont la faculté de nous reconcilier avec la vie. C'est le cas par exemple d'un poême de Paul Fort s'intitulant: " A Mireille dite: petit verglas. La premiere fois que j'ai entendu ce poême, c'était sur un disque de Georges Brassens que je venais d'acheté. Je devais avoir 14 ans. Je l'écoutais a longueur de tamps a cette époque. Et depuis je ne l'ai réécouté que une ou deux fois. Je vous le livre de memoire.
A Mireille dite: Petit Verglas.
Ne tremblez pas mais je dois le dire Elle fut assassinée au couteau Par un fichu mauvais garçon Dans sa chambre, la-bas Derriere le Panthéon, rue Descartes Ou mourrut Paul Verlaine.
Oh! oui je l'ai bien aimée Ma petite petit verglas A moi si bonne et si douce Et si triste Pourquoi sa tristesse? Je ne l'avait pas deviné Je ne pouvais pas le deviner Non, tu me l'avais caché Que ton père était mort Sur l'échafaud petit verglas Oh! j'aurais bien du le comprendre A ton sourire J'aurais du le deviner a ton doux regard Indefinissable, papillotant...et plein de retenus Et je t'appelais comme ça petit verglas Que c'est bête...un poête.
Petite chair transit Moi je ne l'ai su qu'apres Que ton père était mort ainsi Pardonne moi petit verglas Volez les anges. Paul Fort.
Et si je vous disais qu'il est temps qu'il finisse. Des larmes me viennent aux yeux. J'aime l'affection que le poête éprouve pour Mireille. Il y a aussi le parallèle de Mireille assassinée et et son pere mort sur l'echafaud. L'histoire est réelle. P'Fort n'a jamais écrit de poésie que sur des faits réels.
mon poeme préféré c'est le vaisseau d'or d'Émile Nelligan parce que je trouve que c'est la plus belle métaphore qui existe!!!! moi aussi je veux etre un vaisseau d'or!!! (en fait je voudrais plutot etre la cyprine d'amour cheveux épars et chaires nues qui s'étalle a sa proue au soleil excessif, mais ce ne sont que des reves!!! )
Écrit quelques jours après une rencontre qui boulversa ma vie à tout jamais....
C’est fou
Tout cela à commencer Par une demande et un baiser Mon coeur lui a sourit Et puis mes lèvres ont suivit C’est fou ce que j’aime l’aimer Oui, c’est fou comme j’aime l’aimer
Nos lèvres se sont données Et nos deux coeurs se sont embrasés Les girafes nous regardaient Et les passant nous enviaient C’est fou ce que j’aime l’aimer Oui, c’est fou comme j’aime l’aimer
J’aimerais passer toute ma vie À ses côtés, pas juste une nuits Elle me fait vivre la vérité Et aujourd’hui c’est une rareté C’est fou ce que j’aime l’aimer Oui, c’est fou comme j’aime l’aimer
Mon soleil et sa lune Ensemble ne font qu’une Mon coeur était une épave Mais pour elle il se sent brave C’est fou ce que j’aime l’aimer Oui, c’est fou comme j’aime l’aimer
Mon automne est soudainement Devenu un doux printemps Je ne peux plus me passer d’elle Elle m’a offerte une paire d’ailes C’est fou ce que j’aime l’aimer Oui, c’est fou comme j’aime l’aimer
Elle dit que je la fait rire Et moi je l’aime c’est mon plaisir Son coeur est un doux baiser Et surtout pas compliqué C’est fou ce que j’aime l’aimer Oui, c’est fou comme j’aime l’aimer
Tu me donne tant de joie Je n’ai plus assez de mes dix doigts Mon coeur veut exploser Et il me faut te le crier C’est fou ce que j’aime t’aimer Oui, c’est fou comme j’aime t’aimer....
C’est fou ce que j’aime t’aimer Oui c’est fou comme j’aime t’aimer C’est fou ce que j’aime t’aimer Oui, c’est fou comme j’aime t’aimer......
malheureusement, je cois que vous connaissez la suite...
ah c'est beau la poésie, ça fait le coeur tout chose et ça donne envie de rire de tristesse et de pleuré de joie... ça fait pas de sense... mais c pas grave,les sentiments ne font aucuns sense!!!
je prefere les alexandrin, on dirait qu'il y a plus de musique dans les mots, pas juste a cause des rimes , mais a cause des pauses et des liaisons de mots, c'est pour cela que j'ai adopté Emile Nelligan. j'adore tout ce qu'il a fait,c'est tellement riche en émotions, ça donne envie de s'envoler... de gratouiller le givre dans une fenetre en revassant, ça justifie le mal de vivre par moments et surtout l'amour, ça donne envie d'aimer jusqu'a l'implosion de chaque parcelle de notre etre, comme un feu d'artifice en soi!
Sérénade triste :
Comme des larmes d'or qui de mon coeur s'égouttent, Feuilles de mes bonheurs, vous tombez toutes, toutes.
Vous tombez au jardin de rêve où je m'en vais, Où je vais, les cheveux au vent des jours mauvais.
Vous tombez de l'intime arbre blanc, abattues Çà et là, n'importe où, dans l'allée aux statues.
Couleur des jours anciens, de mes robes d'enfant, Quand les grands vents d'automne ont sonné l'olifant.
Et vous tombez toujours, mêlant vos agonies, Vous tombez, mariant, pâles, vos harmonies.
Vous avez chu dans l'aube au sillon des chemins; Vous pleurez de mes yeux, vous tombez de mes mains.
Comme des larmes d'or qui de mon coeur s'égouttent, Dans mes vingt ans déserts vous tombez toutes, toutes.
Le vaisseau d'Or
Ce fut un grand Vaisseau taillé dans l'or massif: Ses mâts touchaient l'azur, sur des mers inconnues; La Cyprine d'amour, cheveux épars, chairs nues S'étalait à sa proue, au soleil excessif.
Mais il vint une nuit frapper le grand écueil Dans l'Océan trompeur où chantait la Sirène, Et le naufrage horrible inclina sa carène Aux profondeurs du Gouffre, immuable cercueil.
Ce fut un Vaisseau d'Or, dont les flancs diaphanes Révélaient des trésors que les marins profanes, Dégoût, Haine et Névrose, entre eux ont disputés.
Que reste-t-il de lui dans la tempête brève? Qu'est devenu mon coeur, navire déserté? Hélas! Il a sombré dans l'abîme du Rêve!
Et un autre...... aussi de mémoire, excusez les petites differences avec l'original. Dans ma maison Dans ma maison vous viendrez. D'ailleurs ce n'est pas ma maison. Je suis entré comme ça un jour Il n'y avait personne Seulement des piments rouges accrochés au mur blanc. Je suis resté longtemps Dans cette maison Personne n'est venu Mais tous les jours et tous les jours Je vous ai attendu
Je ne faisais rien c'est à dire rien de sérieux Quelque fois le matin Je poussais des cris d'animaux Je gueulais comme un âne De toutews mes forces Ouuuaaaaaaaaaaaaaaa !! Ça me faisait plaisir. Ou alors je jouais avec mes pieds C'est très intelligent les pieds Ils vous emmenent très loin quand vous voulez aller tres loin Ou quand il y a de la musique Ils dansent On ne peut pas danser sans eux Faut être bête comme l'homme l'est si souvent pour dire des choses aussi bêtes que bêtes comme ses pieds Ou gai comme un pinson. Un pinson n'est pas gai Il est seulement gai quand il est gai Ou triste quand il est triste Est-ce qu'on sait ce que c'est un pinson D'ailleurs il ne s'appelle réellement Comme ça cet oiseau C'est l'homme qui a baptisé cet oiseau comme ça Pinson, pinson, pinson........... Comme c'est étrange les noms Martin Hugo Victor de son prénom Bonaparte Napoléon de son prénom Pourquoi comme ça et pas comme ça. Un troupeau de Bonaparte passe dans le desert L'empereur s'appelle dromadaire Il a un cheval caisse. Et des tiroirs de course Au loin galope un homme. Il n'a que trois prénom Il s'appele Tim Tam Tom Et n'a pas de grand nom Un peu plus loin il y a n'importe quoi Beaucoup plus loin encore Il y a n'importe qui.......
Et qu'est-ce que ça peut faire tout ça Dans ma maison tu viendras Je pense a autre chose Mais je ne pense qu'à ça Puis quand tu seras entré dans ma maison Tu enleveras tout tes vêtements Et tu resteras immobile, nue debout Avec ta bouche rouge Comme les piments rouges Accrochés au mur blanc Puis tu te coucheras Et je me coucherais près de toi Voilà ! Dans ma maison qui n'est pas ma maison Tu viendras...
Jacques Prévert, Poeme tiré de son premier livre : " Paroles "
Pour ma part, je cede pour la Promesse d`amour Royale ..Une lettre inedite ecrit par Henri 11(roi de France) a Diane de Poitiers.
D`ailleur,il doit sa renommée littéraire a sa passion pour Diane de Poitiers pour qui il fit Construire le chateau D`Anet pres de Deux..Vous connaissez?
J`aime bien celui ci dut a sa simplicité ainsi que l`ardeur emotionnel, sincerité....
Je vous laisse donc sur ses ecrits.
Promesses d`amour royale
Plus ferme foi ne fut oncques jurée A nouveau prince,Ô ma belle princesse, Que mon amour qui vous sera sans cesse Contre le temps et la mort assuré. De fossé creux ou de tour bien murée N`a pas besoin de ma foi la forteresse Dont je vous fis,dame,reine et maîtresse. Parce qu`elle est d`éternelle durée. Trésor ne peut sur elle être vainqueur, Un si vil prix n`acquiert un gentil coeur...
Enfin, sincere remerciement a vous tous pour ces magnifiques poemes, l`ittéraires.
ce n es pas de la poésie étant noéphythe dans ce domaines mais je voulais partager avec vous.
P.S.:ceci es aussi une petit dédicace a Marie que j ai rencontré un soir.
Ton dos parfais comme un désert quand la tempete a passer sur mon corp un grain de bauté ou je m en vas boire moi je reste la les yeux ouvert sur un mystere pendant que toi tu dort comme un trésor aux fond de la mer je suis comme scaphandre au milieu du désert qui voudrais comprendre avant manqué d air
Il es midi moin quart et la femme de ménage est dans le corridor pour brisé les mirages tu es telment belle un cadeau de la mort un envoie du ciel j en crois pas mon corp
pour moi tu es une prisonniere en permission qu'importe le partenaire je doit etre le vrai portrait de ton pere une dare-devil néphertiti des sensations ces tu ta phylosophie d allait couchée avec un homme t hais pour moi te dit a ta chum check le gars avec des lunettes j'vas te gagé un rhum que j y fixe le squelette
il es midi moins cinq et la femme de ménages es la pis a fait rienque comptée les naufrages tu es telment belle un paquebot géant dans chambre a coucher je suis l océan qui veut toucher ton pied
je pense que je l'ais je t ais sauvé la vie dans quelque pays dans une vie anterieure la fois que je t ais dit vas pas a pompei ces quoi d abord si ses pas sa ces a cause d un gars qui tas tordue le coeur je suis arrivée drette avant que tu meurt ces pas pour mon argent ni pour ma beauté ni pour mon talent tu voulais tu me tué
il es midi tappent et la femme de ménage a cogne en hurlant je veux changée de personages tu es telment belle je vais bénir la rue je vais brulée l autel coup donc tu m aime tu.
Tu m aime tu (Mr. Richard Desjardins)
Voila pour moi ces se que j ai entendue de plus beau dans ma courte vie sa me touche droit au coeur j espere que sa vous touchera aussi.
Des paroles de douceur, Des moments de bonheur. Des regards échangés, Un zeste de complicité. Des étoiles dans les yeux, La joie d'être deux. Main dans la main, Suivre le même chemin. Des rêves plein le coeur, Que du plaisir, aucune rancoeur. Aimer et oublier Les blessures du passé. Juste la magie de l'amour
Je suis une éternelle romantique ...et je garde confiance que tous les mots de ce poème ...je les vivrai un jour dans la vraie vie
certe il ne faut avoir en ce monde
un seul amour si fantasque soit -il
et moi qui le veut ainsi,noble et subtil
voilà ce qui m'est à l'âme une entaille profonde:
Elle est hautaine et belle
moi timide et laid
je ne puis l'approcher qu'en des vapeurs de rêve.
malheureux!plus je vais, plus elle s'élève
et dédaigne mon coeur pour un oeuil qui lui plaît.
voyez,comme notre sort est étrange !
si nous eussions tous deux fait de figure échange
comme elle m'eût aimé d'un amour sans pareil!
Et je l'eusse suivi en vrai fou de tolède
aux pays de la brûme, aux landes du soleil
Si le ciel m'eut fait beau et qu'il l'eût faite laide.
je trouve que c'est un poeme extraordinnire,il est surprenant dans son sens mais très logique,et malgré que c'est triste,parce que ca decrit le réjet,c'est quand meme rempli de paix de passion
Il semble que les poëmes d'amour aient la cote, j'y vais d'un de mes préférés.
A une passante
La rue assourdissante autour de moi hurlait.
Longue, mince, en grand deuil, douleur majestueuse,
Une femme passa, d'une main fastueuse
Soulevant, balançant le feston et l'ourlet ;
Agile et noble, avec sa jambe de statue.
Moi, je buvais, crispé comme un extravagant,
Dans son oeil, ciel livide où germe l'ouragan,
La douceur qui fascine et le plaisir qui tue.
Un éclair... puis la nuit ! - Fugitive beauté
Dont le regard m'a fait soudainement renaître,
Ne te verrai-je plus que dans l'éternité ?
Ailleurs, bien loin d'ici ! trop tard ! jamais peut-être !
Car j'ignore où tu fuis, tu ne sais où je vais,
Ô toi que j'eusse aimée, ô toi qui le savais !
Quel magnifique poème où l'amour apparait au détour d'une rue. Baudelaire joue avec les mots et les sonorité de ce poème pour nous faire voir cette femme et on sent avec ces derniers le coup de foudre qui l'a frappé.
J'aime décidément beaucoup Baudelaire, surtout pour ses poèmes provocateurs, qui dérange, parce que dépeignant toute l'horreur du monde qui nous entoure.
En voici donc un qui ne saurait laisser indifférent.
Une charogne
Rappelez-vous l'objet que nous vîmes, mon âme,
Ce beau matin d'été si doux :
Au détour d'un sentier une charogne infâme
Sur un lit semé de cailloux,
Les jambes en l'air, comme une femme lubrique,
Brûlante et suant les poisons,
Ouvrait d'une façon nonchalante et cynique
Son ventre plein d'exhalaisons.
Le soleil rayonnait sur cette pourriture,
Comme afin de la cuire à point,
Et de rendre au centuple à la grande Nature
Tout ce qu'ensemble elle avait joint ;
Et le ciel regardait la carcasse superbe
Comme une fleur s'épanouir.
La puanteur était si forte, que sur l'herbe
Vous crûtes vous évanouir.
Les mouches bourdonnaient sur ce ventre putride,
D'où sortaient de noirs bataillons
De larves, qui coulaient comme un épais liquide
Le long de ces vivants haillons.
Tout cela descendait, montait comme une vague,
Ou s'élançait en pétillant ;
On eût dit que le corps, enflé d'un souffle vague,
Vivait en se multipliant.
Et ce monde rendait une étrange musique,
Comme l'eau courante et le vent,
Ou le grain qu'un vanneur d'un mouvement rythmique
Agite et tourne dans son van.
Les formes s'effaçaient et n'étaient plus qu'un rêve,
Une ébauche lente à venir,
Sur la toile oubliée, et que l'artiste achève
Seulement par le souvenir.
Derrière les rochers une chienne inquiète
Nous regardait d'un oeil fâché,
Epiant le moment de reprendre au squelette
Le morceau qu'elle avait lâché.
- Et pourtant vous serez semblable à cette ordure,
A cette horrible infection,
Etoile de mes yeux, soleil de ma nature,
Vous, mon ange et ma passion !
Oui ! telle vous serez, ô la reine des grâces,
Après les derniers sacrements,
Quand vous irez, sous l'herbe et les floraisons grasses,
Moisir parmi les ossements.
Alors, ô ma beauté ! dites à la vermine
Qui vous mangera de baisers,
Que j'ai gardé la forme et l'essence divine
De mes amours décomposés !
Que tu aies choisi ce texte de chanson comme poésie préférée m'a plongée dans une songerie.
Je crois que peu pourrons nier la beauté de cet aveu émotif des paroles de Desjardins.
Ce n'est pas tant la mise en situation... la description... que le courage, de la part d'un homme, de lancer cette candide question dont l'attente de la réponse le place en position de vulnérabilité.
"Coudon, tu m'aimes-tu?"
J'ai entendu Claude Dubois, autre poète chanteur, énoncer simplement sur une des différences hommes/femmes;
"Les hommes aiment le silence, les femmes aiment expliquer le silence."
Ce qui n'avantage, ni ne désavantage, l'une ou l'autre partie.
Donc, pour qu'un homme ose poser une question qu'il s'est d'abord à lui-même posée et répondue, nous le présente comme un homme dans une rare sortie de son silence mâle.
Enfin ! je le comprends comme ça. Et je ne sais pas si mon impression est partagée.
merci d'avoir lancé cette gomme à mâcher pour la tête.