Liberté diurne
Tous ces mots que l’
homme capte sur ses feuilles
Sont comme le vent que les nuages cueillent
Ces quelques lettres sur un papier... emprisonnées
Démontre tout le paradoxe du mot liberté
Elle est vaste, voir grande et majestueuse
Mais souvent le mensonge la rend incestueuse
On la crie, on l’exige et même on la commande
Sans le moindre respect on la donne en offrande
Elle est peu et beaucoup à la fois
Devant sa beauté l’homme reste souvent coi
Pourtant il la néglige, la bafoue et la traîne en injustice
Le tout pour un mince profit ou une gloire factice
Comme un soleil qui s’étire au petit matin
La liberté est une ode en chagrin
Attristée et lasse de toutes ces manipulations
Elle se meure de générations en générations
En son nom on converti et on insiste
En son nom sont nés les intégristes
Prétendus défenseurs du juste et de la maturité
C’est dans le mensonge qu’ils l’ont emprisonnée
Comme l’enfant elle est pure et sans malices
Mais l’adulte ment sur de simples caprices
L’homme est libre d’aller et de venir
Mais au nom de la liberté il ne fait que mentir
Beaucoup plus qu’une vulgaire flamme nocturne
Symbole d’un pays qui prêche la fortune
Mon rêve n’est point américain
Tout au plus, est-il même, enfantin
Que l’homme soit fort, grand et meilleur
Que de tout ne point chercher à en être le vainqueur
Et que sa quête soit de chercher à libérer
Ce qui étouffe le peu qui lui reste de liberté.